Le sexe de la réalité le deuxième sexe

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Des tabous entravent dès le début le mariage. Le mariage ne peut donc être réussi que si le désir est réciproque. Cependant, le devoir règne encore dans le couple en Elle est gagnée par une dialectique: Les tâches ménagères sont nombreuses et répétitives, elles représentent une lutte permanente contre le mal et perpétuent sans cesse le présent.

La poussière fâche la femme au foyer en réalité révoltée contre son sort. Le ménage prenant permet une fuite loin de soi et une compensation sexuelle dans les sociétés puritaines. La cuisine a un aspect plus positif que le ménage: Le mariage est aussi discrédité: Le fossé entre le mari et la femme est encore profond en La femme est souvent plus jeune et infantilisée.

Elle est aussi intellectuellement inférieure à son mari: Il aime soumettre la femme qui dès lors se rebelle ou se complaît dans le masochisme. En même temps, elle doit faire attention à ne pas perdre son mari.

Ils ignorent le vrai amour. Il ment en affirmant que son épouse a une influence sur lui. La vie de famille est décidément très mal vue par Beauvoir, qui y voit un mari décevant, une femme rêveuse, peu stimulée intellectuellement. En , les époux sont, du point de vue de la loi, quasi-égaux. Mais un obstacle de taille demeure: Beauvoir aborde presque immédiatement un sujet brûlant en , présenté ainsi comme une urgence: Beauvoir dresse alors un tableau désastreux du problème. Mais elle ajoute que la répression a toujours été inefficace.

Beauvoir accuse les hommes démissionnaires et hypocrites, mais aussi, une fois de plus, la soumission des femmes: Beauvoir veut pour finir démonter deux préjugés: La robe représente un érotisme dans la vie sociale, rendant le mari fier et éveillant le désir des autres hommes.

La femme se fait coquette, pratiquant du sport et faisant des régimes: Elles peuvent même ressentir de la jalousie. La société confond encore femme libre et femme facile. La prostitution est en partie une conséquence du mariage puisque le mari impose la chasteté à sa femme. Elles sont intellectuellement normales, mais incitées à se vendre par la misère et le chômage.

Souvent elles ont été déflorées jeunes, sans amour, parfois sous la contrainte. Leur souteneur est un appui moral et financier, parfois un amant, parfois un objet de haine. Elles sont des choses. À Hollywood , les vedettes sont soumises à un esclavage: La ménopause lui fait perdre ce qui la justifiait.

La vieillesse lui fait horreur car elle doit toujours plaire. Elle a une nouvelle vie imaginaire. Mais elle subit la fatalité du vieillissement. Lorsque sa vieillesse est acceptée, elle devient un être nouveau. Son défi est alors de garder une place sur Terre. Certes, elle a moins de contraintes et un mari moins dominant, mais que peut-elle faire de sa nouvelle liberté?

Avec ses enfants, ses rapports sont compliqués. Si elle a une fille, elle risque de se sentir sa rivale et de pousser cette dernière à la rébellion. Beauvoir dresse finalement un triste portrait de la femme âgée, jugeant rares celles qui agissent vraiment. Elle admet les défauts reprochés à la femme comédie, mesquinerie… mais dénonce surtout la situation qui la pousse à ces défauts. Deux problèmes majeurs sont une entrave à son émancipation: Elle compense son ignorance par une admiration pour les hommes, par des superstitions , du fanatisme , un refus du changement.

Les hommes sont responsables aussi, en ne donnant pas les moyens aux femmes de se libérer. Pour devenir essentielle, la femme fait de son monde accouchements… de grands événements. Dans la religion, les femmes sont poussées à se faire victimes, à se complaire, se résigner.

Beauvoir admet néanmoins que la vie de la femme moyenne comporte quelques avantages: Seule la bourgeoise, oisive convaincue de ses droits mais qui ne sait rien, reste très critiquée. Beauvoir analyse dans cette partie les attitudes que les femmes adoptent souvent pour fuir leur liberté.

La femme est narcissiste principalement pour deux raisons: En se regardant, elle se fige dans la mauvaise foi. Elle ne peut surmonter une rupture que si elle a des projets.

Leurs mots, leur attitude sont sexuels. Elles se font objets, idoles. Une fonction féminine reste lourde à accepter: Elle est aussi moins instruite que les hommes. Une femme patronne est mal vue par les hommes et les femmes et doit toujours faire ses preuves. Beauvoir constate avec tristesse que les hommes restent les plus doués. En fait la situation des femmes écrivains est trop neuve pour permettre le génie. Il leur manque encore la liberté concrète qui ouvre les portes du monde.

Si la femme devenait autonome, tout le monde y gagnerait. Mais en , le passé pèse encore. Il faudra aussi faire le deuil du charme féminin. Cette section se propose d'explorer les réceptions immédiate et plus tardive , influences pour les mouvements féministes, la philosophie féministe, mais aussi pour les femmes "ordinaires" etc.

Dès sa parution en , Le Deuxième Sexe connut un grand retentissement. L'historienne française Sylvie Chaperon écrit d'ailleurs: On m'offrait de me guérir de ma frigidité, d'assouvir mes appétits de goule, on me promettait des révélations, en termes orduriers, mais au nom du vrai, du beau, du bien, de la santé et même de la poésie, indignement saccagés par moi.

C'est par ces mots que Simone de Beauvoir relate la réception immédiate de son essai, quatorze ans plus tard, dans le troisième volume de ses mémoires. Il faut d'abord dire un mot du contexte de publication du livre afin de comprendre et d'analyser les réactions des intellectuels. D'un point de vue historique, relier son livre à son contexte d'écriture [ 11 ] et de publication est nécessaire.

A la suite de la chercheuse historienne américaine Judith Coffin [ 12 ] , on peut dire que l'essai est un livre d'après-guerre par son réformisme, son radicalisme, son désir de recréer un monde nouveau, sur de nouvelles bases lesquelles permettront de reconcevoir l'humanité en libérant du fardeau du passé, à savoir la Deuxième Guerre Mondiale et l'épisode de la collaboration [ 12 ].

Reconstruction nationale après l'épisode la Seconde Guerre Mondiale, guerre froide, guerre froide des intellectuels Les intellectuels et les critiques firent éclater un scandale dans l'espace public. Nombre d'articles furent publiés.

Ils sont regroupés dans l'ouvrage d'Ingrid Galster et témoignent du climat régnant à la parution du livre et dans les mois qui suivirent [ 13 ]. Sur 35 articles, 23 sont négatifs et concernent les intellectuels de droite, les catholiques, les protestants mais également les communistes. Au vu du contexte décrit plus haut, trois raisons peuvent venir justifier ces critiques négatives [ 14 ]:. En France, les critiques négatives vinrent surtout des catholiques et des communistes: Le contexte en général explique cette hostilité: Hors de France, les réactions furent diverses.

Le Deuxième Sexe fut traduit surtout en allemand , en anglais et en japonais. Mais au début, ces traductions ne portaient souvent que sur des extraits ou comportaient des erreurs gênantes. Depuis la fin des années , Le Deuxième Sexe intéresse de nouveau. Cette citation d'Erasme s'inspirait à son tour d'une citation de l' Apologétique de Tertullien , père de l'Église mort en à Carthage: Si Tertullien vise à montrer que l'homme se construit par sa quête de Dieu, Erasme prouve l'importance fondamentale de l'éducation humaniste dans le développement de la personnalité du futur adulte.

Simone de Beauvoir, enfin, montre que l'image de la femme est une construction entièrement sociale et aliénante, imposée aux femmes dès leur enfance à travers une éducation qui les infantilise et les rend dépendantes des hommes [ 17 ].

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Cet article ne cite pas suffisamment ses sources septembre Folio essais, , p. C'est à un professeur de zoologie que revint la traduction, Howard M.

En , l'universitaire américaine Margaret A. Simons publia un article pour dénoncer les multiples coupes dont Le Deuxième Sexe avait été l'objet. Ces coupes eurent pour conséquence le rendez-vous manqué de l'essai avec la philosophie du fait de la mauvaise traduction des termes philosophiques.

De plus, elle jugea les coupes effectuées sexistes puisque de nombreuses références de l'histoire des femmes et de femmes autrices furent abandonnées. Ainsi, cette traduction ne fut pas sans effet dans la postérité de l'essai dans le monde anglophone. Voir l'article de Margaret A. Simons, "The silencing of Simone de Beauvoir.

Le compagnonnage intellectuel intense avec Jean-Paul SARTRE, même si finalement il est difficile de disjoindre son apport de celui de Simone de BEAUVOIR, dans tous leurs ouvrages publiés séparément, ne doit pas faire oublier des différences philosophiques importantes entre l'existentialisme et la philosophie exposée ici.

Que le concept de Beauvoir semble être plus proche de celui de Japsers que de celui de Heidegger, telle est la conclusion la plus probable que nous pouvons formuler". Le deuxième sexe est divisé en deux tomes composés de trois et quatre parties trois parties pour le tome 1, quatre parties pour le tome 2, dans l'édition de ; quatre parties pour le tome 1, trois parties pour le tome 2, dans l'édition de Chaque tome comporte une Introduction.

Le deuxième tome comporte une assez longue conclusion. La pagination varie d'une édition à l'autre, comme d'ailleurs le volume des ouvrages. Nous découpons suivant l'édition de Dans l'Introduction du Tome 1 se trouve d'emblée posée la question ; Qu'est-ce qu'une femme? Et le livre s'articule tout entier sur son passé ou plutôt la représentation de son passé , son présent et son avenir. Un homme n'aurait pas l'idée d'écrire un livre sur la situation singulière qu'occupent dans l'humanité les mâles".

Le drame de la femme, c'est ce conflit entre la revendication fondamentale de tout sujet qui se pose toujours comme l'essentiel et les exigences d'une situation qui la constitue comme inessentielle. Comment dans la condition féminine peut s'accomplir un être humain? Quelles voies lui sont ouvertes?

Lesquelles aboutissent à des impasses? Comment retrouver l'indépendance au sein de la dépendance? Quelles circonstances limitent la liberté de la femme et peut-elle les dépasser? Ce sont là les questions fondamentales que nous voudrions élucider. Au Chapitre premier sur les données de la biologie, elle établit, à partir des connaissances dans le monde animal, que l'homme et la femme sont égaux et symétriques. Mais surtout, l'humanité n'est pas seulement une espèce, c'est aussi une civilisation au seuil de laquelle la biologie soit s'arrêter.

Toutes les explications biologiques sont trop partielles pour fonder une définition de la femme. Il suppose "que la femme se sent un homme mutilé ; mais l'idée de mutilation implique une comparaison et une valorisation ; beaucoup de psychanalystes admettent aujourd'hui que la fillette regrette le pénis sans supposer cependant qu'elle en a été dépouillée ; ce regret même n'est pas si général; et il ne saurait naître d'une simple confrontation anatomique ; quantité de petites filles ne découvrent que tardivement la constitution masculine ; et, si elles le découvrent, c'est seulement par la vue ; le garçon a de son pénis une expérience vivante qui lui permet d'en tirer de l'orgueil, mais cet orgueil n'a pas un corrélatif immédiat dans l'humiliation de ses soeurs car celles-ci ne connaissent l'organe masculin que dans son extrémité Ce qu'elle reproche aux psychanalystes, c'est "qu'il y a chez eux un refus systématique de l'idée de choix et de la notion de valeur qui en est corrélative ; c'est là ce qui constitue la faiblesse intrinsèque du système.

Un long développement revient sur les phases de développement de l'humanité. Elle estime que l'exposé marxiste est brillant, mais pas tout à fait satisfaisant, car la femme y est vue à partir d'un point de vue strictement économique. Elle commence le premier des quatre chapitres non titrés , par le fait que "Ce monde a toujours appartenu aux mâles: C'est en reprenant à la lumière de la philosophie existentielle les données de la préhistoire et de l'ethnographie que nous pourrons comprendre comment la hiérarchie des sexes s'est établie.

Nous avons posé déjà que lorsque deux catégories humaines se trouvent en présence, chaque catégorie veut imposer à l'autre sa souveraineté ; si toutes deux sont à même de soutenir cette revendication, il se crée entre elles, soit dans l'hostilité, soit dans l'amitié, toujours dans la tension, une relation de réciprocité: On comprend donc que l'homme ait eu la volonté de dominer la femme: La femme ne possède pas, elle est possédée.

Nombreuses sont les lois dans le monde romain par exemple qui assujettissent la femme. Dans les mondes grec et égyptien de l'Antiquité, la femme est "réduite à un demi-esclavage", mais la femme romaine est plus émancipée, mais victime de misogynie et privée de l'éducation qui lui permettrait d'exercer sa liberté. Elle souligne au début du chapitre III, que "l'évolution de la condition féminine ne s'est pas poursuivie continûment. Avec les grandes invasions, toute la civilisation est remise en question.

Le droit romain lui-même subit l'influence d'une idéologie neuve: Sans doute y-a-t-il dans l'Evangile un souffle de charité qui s'étend aussi bien aux femmes qu'aux lépreux ; ce sont les petites gens, les esclaves et les femmes qui s'attachent le plus passionnément à la loi nouvelle.

Dans les tout premiers temps du christianisme, les femmes, quand elles se soumettaient au joug de l'Eglise, étaient relativement honorées Le rattachement du sexe féminin au péché et à la tentation. La littérature n'est pas tendre avec elle. Durant la Renaissance, les choses s'améliorent, mais dans des circonstances très diverses.

C'est surtout dans la haute société la noblesse du XVIIème et du XVIIIème siècles que des femmes brillent intellectuellement et que dans l'ensemble l'instruction se diffuse. Il n'en fut rien.

Cette révolution bourgeoise fut respectueuse des institutions et des valeurs bourgeoises ; et elle fut faite à peu près exclusivement par les hommes. Si la condition féminine s'améliore, ce qu'elle montre à travers l'histoire de la contraception et de l'avortement, la tradition de soumission et de résignation perdure longtemps.

Le noeud de l'émancipation de la femme réside dans la convergence de deux facteurs: Suivant les situations différentes des pays, c'est surtout du début du XXème siècle au lendemain de la seconde guerre mondiale, que les femmes conquièrent les droits politiques droit de vote, droit de rassemblement Cette condition servait les intérêts économiques des mâles ; mais elle convenait aussi à leurs prétentions ontologiques et morales.

Dès que le sujet cherche à s'affirmer, l'Autre qui le limite et le nie lui est cependant nécessaire: C'est pourquoi la vie de l'homme n'est jamais plénitude et repos, elle est manque et mouvement, elle est lutte. En face de soi, l'homme rencontre la Nature ; il a prise sur elle, il tente de se l'approprier.

Mais elle ne saurait le combler. Ou bien elle ne se réalise que comme une opposition purement abstraite, elle est obstacle et demeure étrangère ; ou bien, elle subit passivement le désir de l'homme et se laisse assimiler par lui ; il ne la possède qu'en la consommant, c'est-à-dire en la détruisant. Ce que le christianisme a renforcé la sainte chrétienne Dans tous les cas, la femme valorise l'homme, le reconnaît comme essentiel. Figure sensible de l'altérité, la femme est partout, symbolisant avec gloire des valeurs telles la liberté ou la victoire ; elle est associée à la terre et à la fertilité, à la douceur et à la protection.

Elle est, totalement, au service de l'homme. Sinon, elle est fausse et infidèle. La femme en arrive à être étrangère à elle-même, hantée par sa propre essence forgée par les hommes et entretenue par elle-même.

Le deuxième chapitre constitue une vaste illustration de ce qui précède. Un dernier petit chapitre clos cette partie dans l'édition de , où l'auteure se demande si le mythe féminin, si présent dans la littérature, est important dans la vie quotidienne, ce qui introduit directement le deuxième livre dans cette édition. Dans l'édition de , la partie Formation constitue la dernière partie du Tome 1. Dans l'édition de , cette partie ouvre le tome 2. Dans l'introduction de cette partie, nous pouvons lire: Elevées par des femmes, au sein d'un monde féminin, leur destinée normale est le mariage qui les subordonne encore pratiquement à l'homme ; le prestige viril est bien loin de s'être effacé: Comment la femme fait-elle l'apprentissage de sa condition, comment l'éprouve t-elle, dans quel univers se trouve t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire.

Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d'un lourd passé, s'efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j'emploie les mots "femme" ou "féminin" je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre "dans l'état actuel de l'éducation et des moeurs".

Il ne s'agit pas ici d'énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s'élève toute existence féminine singulière. Le premier chapitre sur l'Enfance commence par cette phrase: Pour comprendre comment une fille devient une femme, il faut considérer deux grands facteurs qui conduisent à une rapide infériorisation de la petite fille: C'est là qu'il arrive à la petite fille quand faisant l'apprentissage du monde elle s'y saisit comme une femme.

La sphère à laquelle elle appartient est de partout enfermée, limitée, dominée par l'univers mâle: Les dieux de l'homme sont dans un ciel si lointain qu'en vérité, pour lui, il n'y a pas de dieux: Le chapitre II sur La jeune fille poursuit sur la même lancée: Une fois pubère, l'avenir non seulement se rapproche: Détachée déjà de son passé d'enfant, le présent ne lui apparaît que comme une transition: D'une manière plus ou moins déguisée, sa jeunesse se consume dans l'attente.

Et surtout dans la manière dont chaque sexe de projette dans l'avenir. Le chapitre III porte sur L'initiation sexuelle. Il y a un apprentissage théorique et pratique qui se poursuit de manière continue depuis les phases orale, anale, génitale, jusqu'à l'âge adulte. Mais les expériences érotiques de la jeune fille ne sont pas un simple prolongement de ses activités sexuelles antérieures ; elles ont très souvent un caractère imprévu et brutal ; elles constituent toujours un événement neuf qui crée une rupture avec le passé.

En certains cas, la crise se résout avec aisance ; il y a des conjectures tragiques où elle ne se liquide que par le suicide ou la folie. De toute manière, la femme, par la manière dont elle y réagit, engage une grande partie de sa destinée.

La jeune femme est aliénée dans son corps, par la pénétration et la douleur, car elle connaît mal son vagin, donc ses désirs, alors que l'homme impétueux est dans le contrôle.

L'idéal serait au contraire un apprentissage progressif de la sexualité, car le problème crucial de sa sexualité est l'absence de plaisir, et entraîne une frigidité permanente, Une sorte de masochisme anime le caractère de la femme et ce masochisme est lié chez certaines femmes au narcissisme qui aliène l'ego, pose le moi hors du plaisir, fait fuir la femme.

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Pour l'intellectuel catholique, se trouve ici poussé à son paroxysme un phénomène plus vaste qu'il tente de cerner par une enquête auprès de la jeunesse. Dans Le Figaro du 6 juin, la question est posée: Le résultat de l'enquête est plutôt maigre. La réception du Deuxième Sexe survient à un moment où bien des jeunes s'émancipent de la tutelle de l'Église, ce qui ne les empêche pas forcément de rester chrétiens. Tel est le cas de Jean-Marie Domcnach qui souhaite que l'on révise, en matière de sexualité, les catégories du normal et de l'anormal face aux découvertes de la psychanalyse et aux résultats du rapport Kinsey1.

Il prend la défense de Beauvoir qui avait publié dans le numéro de juin des Temps modernes le chapitre sur la lesbienne et le début de celui sur la maternité, réservant une grande place à l'avortement: Le futur directeur d Esprit se voit fustigé par Pierre de Bois-deffre, l'exemple même, aux yeux de Mauriac, d'une jeunesse encore saine, dans la revue gaulliste Liberté de l'esprit: Paris-Match en présente des extraits début août dans deux numéros successifs.

Mais si Le Deuxième Sexe est très lu -vingt-deux mille exemplaires vendus en une semaine pour le premier tome -, il n'en est pas pour autant bien compris. L'angliciste Raymond Las Vergnas estime Beauvoir trop froidement objective: Selon le philosophe Armand Hoog, elle écrit, au contraire, précisément pour se libérer elle-même de l'humiliation d'être femme.

La publication du deuxième tome en novembre déclenche une nouvelle vague de protestations. Jeannette Colombel, qui portait encore le nom de son père Marcel Prenant, figure éminente du communisme français, exécuta dans les règles Le Deuxième Sexe, citations de Lénine et de Jeannette Ver-meersch à l'appui, dans La Nouvelle Critique en avril Lennemi n'est pas le mâle, mais le capitalisme.

Choquant la droite et la gauche, Beauvoir était indéniablement en avance sur son époque. On peut d'ailleurs se demander quel mérite est plus grand: Pour mesurer l'écart qui sépare la langue du Deiaième Sexe des conventions, il suffit d'en lire les comptes rendus, remplis d'euphémismes.

Si l'on est prude dans le discours public, on n'a cependant pas peur des mots dans le privé. Beauvoir elle-même l'a bien montré en rapportant la phrase que Mauriac aurait écrite à un collaborateur les Temps modernes: Femmes de lettres, auteures influentes et engagées, héroïnes de romans: Retrouvez les grandes figures féminines de la littérature classique et contemporaine qui composent notre catalogue. S'il y a bien un livre de Simone de Beauvoir à lire, je pense que c'est celui-ci.

Le deuxième sexe est une bible pour qui souhaite comprendre la condition féminine à travers les âges et les différentes Une analyse dense mais objective et surtout passionnante! J'y ai appris énormément de choses qui m'ont permis de comprendre pourquoi la femme est l'objet de tant de légendes, de traditions et d'opinions bien souvent contradictoires. L'analyse de Simone de Beauvoir est objective, loin d'être vindicative et parfois pleine d'humour. Accueil Folio essais Ouvrage: Simone de Beauvoir Le deuxième sexe , tome I: Acheter Sélectionnez un libraire Librairie Gallimard - 75 Place des libraires:

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Mais l'essai s'inscrit aussi dans un plus large projet autobiographique [ 2 ] puisque vers , Simone de Beauvoir éprouve le besoin d'écrire mais ne sait pas encore quel projet entreprendre. Dans La Force des choses , elle écrit: Je commençais à y rêver, à prendre quelques notes, et j'en parlai à Sartre.

Je m'avisai qu'une première question se posait: Je regardai et j'eus une révélation. Il reste à ce jour la référence de la philosophie féministe. Le Deuxième sexe est divisé en deux tomes composés respectivement de trois et quatre parties. Les deux tomes sont précédés chacun de deux épigraphes. Beauvoir commence son essai par une considération existentialiste: Le problème est que l'homme est considéré comme l'absolu et la femme comme un être relatif: Chez certains animaux , comme la mante religieuse , le mâle est au service de la femelle.

Beauvoir émet plusieurs critiques sur la psychanalyse: Et elle reproche à la psychanalyse de reprendre le point de vue des hommes, en considérant "comme féminines les conduites d'aliénation, comme viriles celles où un sujet pose sa transcendance". Beauvoir conclut que la biologie , la psychanalyse et le matérialisme apportent des éclaircissements certes intéressants mais insuffisants sur la condition féminine.

Elle se demande pourquoi la maternité a infériorisé la femme plutôt que le contraire. Son idée est la suivante: Nombreuses sont les lois - la polygamie par exemple - qui assujettissent la femme. Celle-ci perpétue le patrimoine , en procréant, sans le posséder. Puis les saints pères ont rabaissé la femme. Au Moyen Âge , celle-ci a une vie difficile, étant ballottée, utilisée, répudiée.

Dans le domaine des arts et des connaissances, les hommes et les femmes prouvent leur talent. Mais celles-ci sont encore peu instruites et ce sont les nobles , les reines surtout, qui ont les destins féminins les plus riches: Quant aux bourgeoises elles-mêmes, elles ne réclament rien, illustrant la complicité fautive des femmes, déplorée par Beauvoir. La conclusion de la deuxième partie est sans appel: Beauvoir insiste surtout sur les rapports sexuels , durant lesquels la femme est, selon elle, nécessairement infériorisée: Le christianisme a renforcé cet effroi pour le corps féminin.

Il a besoin de son regard pour se sentir conquérant, nécessaire. Il projette sur elle sa transcendance. Mais prise dans la réalité, la femme perd de sa magie: La femme est à la fois le bien et le mal, dualité qui se retrouve chez la prostituée. Beauvoir analyse la pensée de cinq écrivains, du plus misogyne au plus féministe. Les quatre premiers ont contribué à renforcer le mythe féminin. Henry de Montherlant est un écrivain à la misogynie aiguë: Ainsi, il crée des héros solitaires qui ne peuvent souffrir la rivalité des femmes.

Mais celles-ci ne sont pas pour autant oubliées: Mais une contradiction apparaît chez Montherlant: Beauvoir accable Montherlant et sa solitude trompeuse: Être phallique , il incarne la transcendance, tandis que la femme est passive, enfermée, immanente. Par son catholicisme, Paul Claudel a une vision peu émancipatrice de la femme. Beauvoir veut démystifier dans ce chapitre la gloire céleste qui tente de cacher son infériorisation terrestre.

Elle est mystère, révélation, poésie, magie. Hormis Stendhal , les écrivains analysés par Beauvoir cherchent en la femme un autre par lequel ils pourront se révéler à eux-mêmes.

Beauvoir conclut le premier livre du Deuxième Sexe par un bref chapitre dans lequel elle se demande si le mythe féminin, si présent dans la littérature, est important dans la vie quotidienne. Pour rétablir une égalité des sexes, une réciprocité est nécessaire. Hommes et femmes doivent y participer, les premiers sans duplicité, en considérant les secondes comme des êtres à part entière. Durant celle-ci, deux facteurs conduisent à une rapide infériorisation de la petite fille: Contrairement aux garçons , les filles peuvent rester longtemps dans les bras de leurs parents, être coquettes, comédiennes.

Elles vivent un complexe de castration , regrettent de ne pouvoir uriner debout. Elles sont éduquées par des femmes, prises alors dans un cercle vicieux.

Elles sont plus proches du stade adulte que les garçons car des tâches ménagères leur incombent vite. La découverte décisive des filles est la supériorité des hommes. Quelques filles sont rebelles, luttent contre leur féminité: Leur puberté , plus précoce, est un bouleversement: On veut la jeune femme pure, celle-ci vit alors des refoulements , se réfugie dans la mauvaise foi, les fantasmes.

Les parents comme la culture préparent donc la fillette à son futur rôle de femme infériorisée. La transcendance des garçons se confirme avec le temps: Chez la jeune fille, le lien entre le corps et la psychologie est fort, entraînant angoisses et handicaps. Mais les filles ne sont encouragées ni en sport, ni dans les domaines intellectuels. Elle est rarement indépendante et insouciante.

Les filles se sentent inférieures aux garçons et se complaisent dans la médiocrité. Elles se font passives pour plaire, se modèlent sur les désirs des garçons. La passivité donne un certain pouvoir, séduit. Les rêveries des jeunes filles sont sans prise sur le monde. Pour être dans la vie, elles chercheront plus une femme, comme leur professeur. Mais ces amours sont transitoires: Elles adorent un homme inaccessible qui leur semble supérieur à tous les autres et dont elles font une idole, et au nom de cet idéal, refusent les prétendants réels et la sexualité.

Si la sexualité est acceptée, la jeune femme se fait autre, docile et inessentielle. Elle est à la fois blessée et flattée par le regard des hommes: Elle est déchirée entre le destin assigné par la société et la rébellion. La mauvaise foi la caractérise: Mais en même temps, elle ne cherche pas à repousser les limites du monde réel.

Alors la jeune fille ne fait rien, rêve, au mieux est extravagante. Elle est préoccupée par le mariage et délaisse les amitiés féminines. Leur situation morale est également différente: La jeune femme est aliénée dans son corps, par la pénétration et la douleur.

Souvent elle se révolte contre son destin sexuel. Cette frigidité prend fin avec un amant délicat. Selon la psychanalyse, la femme a le goût pour le masochisme, aime être dominée. Étudier la lesbienne est un moyen pour Beauvoir de mieux comprendre les rapports de la femme avec les hommes et avec la féminité.

Il existe deux types de lesbiennes: Les femmes viriles seraient même des hétérosexuelles revendiquant autonomie et égalité. Les rapports avec la mère conditionnent le type de relation lesbienne: Il est difficile de comprendre une lesbienne car une comédie sociale se superpose souvent à des rapports sincères. Sa sexualité est ambiguë car tout en refusant la domination masculine, la lesbienne veut dominer une autre femme.

Elle fréquente parfois des hommes si elle leur trouve des intérêts communs, mais le plus souvent elle les fuit, voyant en eux des rivaux. La destinée traditionnelle de la femme est le mariage. Le plaisir est ainsi distinct de la reproduction, et même nié. Des tabous entravent dès le début le mariage. Le mariage ne peut donc être réussi que si le désir est réciproque. Cependant, le devoir règne encore dans le couple en Elle est gagnée par une dialectique: Les tâches ménagères sont nombreuses et répétitives, elles représentent une lutte permanente contre le mal et perpétuent sans cesse le présent.

La poussière fâche la femme au foyer en réalité révoltée contre son sort. Le ménage prenant permet une fuite loin de soi et une compensation sexuelle dans les sociétés puritaines. La cuisine a un aspect plus positif que le ménage: Le mariage est aussi discrédité: Le fossé entre le mari et la femme est encore profond en La femme est souvent plus jeune et infantilisée.

Elle est aussi intellectuellement inférieure à son mari: Il aime soumettre la femme qui dès lors se rebelle ou se complaît dans le masochisme. En même temps, elle doit faire attention à ne pas perdre son mari. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu'il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s'évader de la sphère qui leur a été jusqu'à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain.

Femmes de lettres, auteures influentes et engagées, héroïnes de romans: Retrouvez les grandes figures féminines de la littérature classique et contemporaine qui composent notre catalogue. S'il y a bien un livre de Simone de Beauvoir à lire, je pense que c'est celui-ci. Le deuxième sexe est une bible pour qui souhaite comprendre la condition féminine à travers les âges et les différentes Une analyse dense mais objective et surtout passionnante!

J'y ai appris énormément de choses qui m'ont permis de comprendre pourquoi la femme est l'objet de tant de légendes, de traditions et d'opinions bien souvent contradictoires. L'analyse de Simone de Beauvoir est objective, loin d'être vindicative et parfois pleine d'humour.

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Par là, l'auteure veut démonter deux préjugés: Celle-ci ne doit pas précisément limiter son identité au fait d'être mère, se cantonner à la relation aux enfants. Elle doit travailler - le travail et la maternité ne sont pas incompatibles, à condition que l'Etat l'aide. Le chapitre suivant, La vie de société, indique une manière pour la femme de se montrer, la vie mondaine.

La femme se fait coquette, s'aliène dans ses toilettes, joue le personnage accueillant, dans ces réceptions à la maison. Mais en fait, ces réceptions mondaines sont des institutions creuses où l'homme s'ennuie et où la femme se montre.

Seules les amitiés féminine peuvent permettre aux femme de constituer un "contre univers", dans lequel elles peuvent se réfugier et se lier dans une complicité immanente. L'homme garde le prestige, et avec lui, la femme est en représentation. Les occasions de sortir à l'extérieur sont des occasions d'infidélité, due à la déception ou à la rancune. Ce sont ces occasions que la société surveille le plus, le danger d'adultère étant particulièrement craint.

La morale sociale confond d'ailleurs femme libre et femme facile. Mais ni la vie mondaine, ni l'adultère, ni les amitiés ne constitue une vie authentique pour la femme. Tout juste peuvent-elles aider à supporter les contraintes. Pour elle, la prostitution est en partie une conséquence du mariage puisque le mari impose la chasteté à sa femme.

Mais le vrai problème des prostituées, lesquelles commencent à l'être souvent de manière occasionnelle, souvent homosexuelles, aux rapports très variables avec la clientèle et leur souteneur, n'est pas tant d'ordre moral ou psychologique, mais de pauvreté et de mauvaise santé. Supprimer la prostitution revient à supprimer un besoin et à instaurer l'amour libre et consenti entre les hommes et les femmes. Le chapitre V est consacré à De la maturité à la vieillesse.

Plus que l'homme,la femme dépend de son destin physiologique, du fait même qu'elle est enfermée dans ses fonctions de femelle. La ménopause lui enlève son attrait érotique. La vieillesse donc lui fait horreur, bien avant qu'elle n'arrive, car elle doit toujours plaire.

Lorsqu'elle est acceptée, elle devient un être nouveau, mais que peut-elle faire de sa nouvelle liberté? Quelle que soit leur postérité et les relations qu'elle noue avec sa progéniture - conflits-jalousies avec la bru, difficultés avec les enfants, qui prennent leur autonomie - la femme doit trouver des ersatz d'actions oeuvres, associations C'est un âge de tristesse car peu de femmes agissent vraiment.

Au chapitre VI , Situation et caractère de la femme, elle constate qu'on peut comprendre pourquoi, le long des siècles, dans les réquisitoires dressés contre la femme, "se retrouvent tant de traits communs ; sa condition est demeurée la même à travers de superficiels changements, et c'est elle qui définit ce qu'on appelle le "caractère" de la femme: Elle dénonce la situation qui la pousse à ces défauts. Deux problèmes sont une entrave à son émancipation: Sans formations, admiratrices des hommes, qui ne leur donnent pas les moyens de se libérer, les femmes se plaignent tout en restant "librement esclaves".

Pour compenser son impuissance, la femme se crée son propre monde, avec ses grands événements accouchements, baptêmes, communions , encouragée par la religion qui lui promet la "transcendance". En fait, il n'y a pour la femme aucune autre issue que de travailler à sa libération. Le chapitre I examine Le narcissisme, prétendument attitude fondamentale de toute femme.

Dans le narcissisme, "le moi posé comme fin absolue et le sujet se fuit en lui". Ce narcissisme a deux raisons: Sans projet, donc sans réelle possibilité d'agir, cette femme narcissique se met en scène fantasmatiquement. L'apothéose du narcissisme est le fantasme de l'amant exceptionnel dans les yeux duquel la femme se sent supérieure, attendu tout sa vie.

Elle considère que la première s'enferme dans une vaine attitude de passion, s'aidant de la description de la coquette par Jean-Paul SARTRE, dans l'Etre et le Néant et que la seconde qui veut développé une relation affective avec Dieu qui s'enferme également dans une vaine attitude de passion, prêchant des doctrines incertaines et fondant des sectes.

Vers la libération, composé d'un seul chapitre: Les libertés civiques ne suffisent pas à l'émancipation féminine quand elles ne s'accompagnent pas d'une autonomie économique. A l'objectif de l'avènement de la femme indépendante, s'oppose bien des obstacles dans un monde qui reste masculin. La femme n'a pas encore de liberté morale: L'égalité fait son chemin, notamment dans la France de Une fonction féminine reste lourde à accepter: La femme libre est seulement en train de naître.

Dans l'édition de toujours, elle termine sa Conclusion par l'évocation par Karl MARX du rapport entre l'homme et la femme: Il s'y montre donc jusqu'à quel point le comportement naturel de l'homme est devenu humain ou jusqu'à quel point sa nature humaine est devenue sa nature. C'est au sein di monde donnée qu'il appartient à l'homme de faire triompher le règne de la liberté ; pour remporter cette suprêùe victoire il est entre autres nécessaire que par-delà leurs différenciations naturelles, hommes et femmes affirment sans équivoque leur fraternité.

Dès sa parution, le Deuxième sexe connaît un grand retentissement: Par ailleurs, il suscite des vives réactions hostiles d'écrivains scandalisés par son ton comme par sa forme. L'évocation de la sexualité féminine, de manière crue, mais si finalement les références psychanalytiques dominent, constitue l'élément qui focalise les réactions; et qui alimente les campagnes en faveur de la libéralisation de l'avortement.

L'ouvrage est attaqué aussi parce qu'il est perçu comme faisant partie de l'existentialisme, combattu par de nombreuses autres tendances philosophiques. L'ouvrage influence fortement les mouvements féministes des années et Cette influence s'atténue dans les années Depuis la fin des années , Le deuxième sexe redevient une source d'inspiration, l'ouvrage étant même plus étudié dans les pays anglophones qu'en France. Oeuvre philosophique et militante, Le Deuxième sexe est également considéré comme sociologique, au sans où sa réception sucite la naissance de thèmes majeurs en sociologie.

Le deuxième sexe est utilisé comme référence intellectuelle en dehors de la distinction traditionnelle entre le "théorique" et le "politique". Editer l'article Administration Connexion Créer mon blog.

Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés. L'angliciste Raymond Las Vergnas estime Beauvoir trop froidement objective: Selon le philosophe Armand Hoog, elle écrit, au contraire, précisément pour se libérer elle-même de l'humiliation d'être femme.

La publication du deuxième tome en novembre déclenche une nouvelle vague de protestations. Jeannette Colombel, qui portait encore le nom de son père Marcel Prenant, figure éminente du communisme français, exécuta dans les règles Le Deuxième Sexe, citations de Lénine et de Jeannette Ver-meersch à l'appui, dans La Nouvelle Critique en avril Lennemi n'est pas le mâle, mais le capitalisme.

Choquant la droite et la gauche, Beauvoir était indéniablement en avance sur son époque. On peut d'ailleurs se demander quel mérite est plus grand: Pour mesurer l'écart qui sépare la langue du Deiaième Sexe des conventions, il suffit d'en lire les comptes rendus, remplis d'euphémismes.

Si l'on est prude dans le discours public, on n'a cependant pas peur des mots dans le privé. Beauvoir elle-même l'a bien montré en rapportant la phrase que Mauriac aurait écrite à un collaborateur les Temps modernes: Mais d'autres textes attestent qu'il ne reculait pas devant la violence verbale. Ayant été critiqué par Claude-Edmonde Magny, normalienne et agrégée de philosophie, l'une des essayistes les plus brillantes de sa génération, il se plaint auprès de l'écrivain Jean-Louis.

Nombreuses sont les lois - la polygamie par exemple - qui assujettissent la femme. Celle-ci perpétue le patrimoine , en procréant, sans le posséder. Puis les saints pères ont rabaissé la femme. Au Moyen Âge , celle-ci a une vie difficile, étant ballottée, utilisée, répudiée. Dans le domaine des arts et des connaissances, les hommes et les femmes prouvent leur talent. Mais celles-ci sont encore peu instruites et ce sont les nobles , les reines surtout, qui ont les destins féminins les plus riches: Quant aux bourgeoises elles-mêmes, elles ne réclament rien, illustrant la complicité fautive des femmes, déplorée par Beauvoir.

La conclusion de la deuxième partie est sans appel: Beauvoir insiste surtout sur les rapports sexuels , durant lesquels la femme est, selon elle, nécessairement infériorisée: Le christianisme a renforcé cet effroi pour le corps féminin. Il a besoin de son regard pour se sentir conquérant, nécessaire. Il projette sur elle sa transcendance.

Mais prise dans la réalité, la femme perd de sa magie: La femme est à la fois le bien et le mal, dualité qui se retrouve chez la prostituée. Beauvoir analyse la pensée de cinq écrivains, du plus misogyne au plus féministe. Les quatre premiers ont contribué à renforcer le mythe féminin. Henry de Montherlant est un écrivain à la misogynie aiguë: Ainsi, il crée des héros solitaires qui ne peuvent souffrir la rivalité des femmes.

Mais celles-ci ne sont pas pour autant oubliées: Mais une contradiction apparaît chez Montherlant: Beauvoir accable Montherlant et sa solitude trompeuse: Être phallique , il incarne la transcendance, tandis que la femme est passive, enfermée, immanente.

Par son catholicisme, Paul Claudel a une vision peu émancipatrice de la femme. Beauvoir veut démystifier dans ce chapitre la gloire céleste qui tente de cacher son infériorisation terrestre. Elle est mystère, révélation, poésie, magie. Hormis Stendhal , les écrivains analysés par Beauvoir cherchent en la femme un autre par lequel ils pourront se révéler à eux-mêmes. Beauvoir conclut le premier livre du Deuxième Sexe par un bref chapitre dans lequel elle se demande si le mythe féminin, si présent dans la littérature, est important dans la vie quotidienne.

Pour rétablir une égalité des sexes, une réciprocité est nécessaire. Hommes et femmes doivent y participer, les premiers sans duplicité, en considérant les secondes comme des êtres à part entière. Durant celle-ci, deux facteurs conduisent à une rapide infériorisation de la petite fille: Contrairement aux garçons , les filles peuvent rester longtemps dans les bras de leurs parents, être coquettes, comédiennes. Elles vivent un complexe de castration , regrettent de ne pouvoir uriner debout.

Elles sont éduquées par des femmes, prises alors dans un cercle vicieux. Elles sont plus proches du stade adulte que les garçons car des tâches ménagères leur incombent vite. La découverte décisive des filles est la supériorité des hommes. Quelques filles sont rebelles, luttent contre leur féminité: Leur puberté , plus précoce, est un bouleversement: On veut la jeune femme pure, celle-ci vit alors des refoulements , se réfugie dans la mauvaise foi, les fantasmes.

Les parents comme la culture préparent donc la fillette à son futur rôle de femme infériorisée. La transcendance des garçons se confirme avec le temps: Chez la jeune fille, le lien entre le corps et la psychologie est fort, entraînant angoisses et handicaps. Mais les filles ne sont encouragées ni en sport, ni dans les domaines intellectuels.

Elle est rarement indépendante et insouciante. Les filles se sentent inférieures aux garçons et se complaisent dans la médiocrité. Elles se font passives pour plaire, se modèlent sur les désirs des garçons. La passivité donne un certain pouvoir, séduit. Les rêveries des jeunes filles sont sans prise sur le monde.

Pour être dans la vie, elles chercheront plus une femme, comme leur professeur. Mais ces amours sont transitoires: Elles adorent un homme inaccessible qui leur semble supérieur à tous les autres et dont elles font une idole, et au nom de cet idéal, refusent les prétendants réels et la sexualité. Si la sexualité est acceptée, la jeune femme se fait autre, docile et inessentielle. Elle est à la fois blessée et flattée par le regard des hommes: Elle est déchirée entre le destin assigné par la société et la rébellion.

La mauvaise foi la caractérise: Mais en même temps, elle ne cherche pas à repousser les limites du monde réel. Alors la jeune fille ne fait rien, rêve, au mieux est extravagante. Elle est préoccupée par le mariage et délaisse les amitiés féminines. Leur situation morale est également différente: La jeune femme est aliénée dans son corps, par la pénétration et la douleur.

Souvent elle se révolte contre son destin sexuel. Cette frigidité prend fin avec un amant délicat. Selon la psychanalyse, la femme a le goût pour le masochisme, aime être dominée.

Étudier la lesbienne est un moyen pour Beauvoir de mieux comprendre les rapports de la femme avec les hommes et avec la féminité.

Il existe deux types de lesbiennes: Les femmes viriles seraient même des hétérosexuelles revendiquant autonomie et égalité.

Les rapports avec la mère conditionnent le type de relation lesbienne: Il est difficile de comprendre une lesbienne car une comédie sociale se superpose souvent à des rapports sincères.